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De Passeurs de memoire Ouffet
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==Lovenfosse Charles==
Un récit de '''[[Braquet Ferdinand Ouffet|Ferdinand Braquet]]'''


==La chapelle Saint-Donat à Ouffet==
Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenneret Jenneret]''', époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi '''[[Lovenfosse-Blétard NC89]]'''<br>Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.


Située dans la '''[[Rue Haïre Ouffet|Rue Haïre]]''', elle fait le coin avec le tronçon qui vient de la '''[[Rue du Perron Ouffet|Rue du Perron]]''' et celui qui descend sur la '''[[Grand-Place Ouffet|Grand-Place]], '''elle est consacrée à Saint-Donat.
Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/France France]''', au '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Luxembourg Grand-Duché de Luxembourg]''', à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Aix-la-Chapelle Aix-la-Chapelle]''', '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Cologne Cologne]''' et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.<br>Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.


Les religions catholique et orthodoxe nous citent pas moins de '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Donat quinze Saint-Donat]''' !
Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.


Nous pensons qu'au vu des détails vestimentaires (tenue de la légion romaine) et des attributs de la statue, que celui qui nous intéresse est '''Saint Donat de Muenstereifel''', une première source nous apprend qu'il aurait vécu vers l'an 57 avant notre ère à l'époque de Jules César.<br>Soldat de la '''[https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1000011 Legio XII Fulminata]''', il participe à la '''[https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/738817 Guerre des Gaules]''' notamment à la bataille contre les '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Nerviens Nerviens]''', une grande tribu belge dans l'Antiquité vivant dans la '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaule_belgique Gallia Belgica]''', une vaste zone entre la Meuse et l'Escaut au nord et à l'ouest de l'actuelle Belgique où elle subit de lourdes pertes. Voir les aventures d'Astérix ☻.
Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Peket pékèt]''', se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.<br>Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.


Par contre, une autre source et sa légende nous situe '''[https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Donatus_of_Muenstereifel?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc Saint-Donat de Muenstereifel]'''au IIe siècle et toujours son appartenance à la Legio XII Fulminata.<br>Converti au christianisme il refuse de renier sa foi et meurt en martyr.<br>Il est invoqué à titre de protecteur contre la foudre et généralement représenté tenant d'une main un faisceau d'éclairs et de l'autre la palme du martyr.
Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.
 
Sur le fronton au-dessus de la porte de la chapelle, on lit difficilement la date de 1876 qui correspond à l'année de la reconstruction de la chapelle, voir l'ordre du jour du Conseil Communal plus loin. Elle serait donc bien plus ancienne comme bien des bâtiments du '''[[Es Tôt Ouffet|Tô]]''' et du bout de la rue Haïre vers la '''[[Basse Voye Ouffet|Basse Voye]]'''.
 
La chapelle sera à nouveau restaurée en 1889 en même temps que le remplacement par un chemin du sentier reliant la Rue Haïre à la '''[[Rue Sauvenière Ouffet|Rue Sauvenière]]''' en longeant- la Grand-Place.
 
'''Note :''' La statue du saint est amputée de l'avant bras gauche, ce n'est pas une séquelle de ses bataillles ☻ ! Nous supposons que c'est un simple accident survenu au cours de travaux. Il serait certainement intéressant de procéder à la réparation ; le bras gît au pied de la statue.
 
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Chapelle St.Donat.01.jpg|Décision du Conseil Communal du 18.04.1875 point 3 : Reconstruction de ladite chapelle
PM0513.71.jpg|Entre 1947 et 1950
DSC00739.15.92.71.jpg|07.08.2016
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Dernière version du 2 mars 2025 à 15:15

Lovenfosse Charles

Un récit de Ferdinand Braquet

Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à Jenneret, époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi Lovenfosse-Blétard NC89
Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.

Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en France, au Grand-Duché de Luxembourg, à Aix-la-Chapelle, Cologne et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.
Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.

Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.

Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de pékèt, se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.
Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.

Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.