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De Passeurs de memoire Ouffet
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==Lovenfosse Charles==
Un récit de '''[[Braquet Ferdinand Ouffet|Ferdinand Braquet]]'''


A propos de ce lieu, voici ce qu'écrivaient nos regrettés Jean-Louis Prévot et son complice, Ferdinand Braquet.
Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenneret Jenneret]''', époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi '''[[Lovenfosse-Blétard NC89]]'''<br>Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.  


Le toponyme<ref>Nom de lieu</ref> reste dialectal : Tilleul brisé. Il désignait autrefois un ensemble boisé.<br>Si le tilleul n'est plus là, on peut admirer le remarquable chêne qui ouvre la rue. La rumeur veut qu'il ait été le témoin de sabbats<ref>Assemblée nocturne et bruyante de sorciers et sorcières au Moyen Âge</ref> dont parlent les procès de sorcellerie qui se déroulèrent à Ouffet au début du 17e siècle. Le procès d'Aylid, femme de Giel le Hayverlin en 1614, mentionne en effet, qu'elle se rendait au "tiege d'Anthisnes" et au "chemin de Liège" pour un sabbat démoniaque.
Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/France France]''', au '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Luxembourg Grand-Duché de Luxembourg]''', à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Aix-la-Chapelle Aix-la-Chapelle]''', '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Cologne Cologne]''' et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.<br>Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.


Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.


Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Peket pékèt]''', se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.<br>Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.


 
Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.
<references/>

Dernière version du 2 mars 2025 à 15:15

Lovenfosse Charles

Un récit de Ferdinand Braquet

Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à Jenneret, époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi Lovenfosse-Blétard NC89
Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.

Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en France, au Grand-Duché de Luxembourg, à Aix-la-Chapelle, Cologne et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.
Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.

Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.

Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de pékèt, se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.
Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.

Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.