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De Passeurs de memoire Ouffet
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==Lovenfosse Charles==
Un récit de '''[[Braquet Ferdinand Ouffet|Ferdinand Braquet]]'''


==Chapelle (La) de la Rue de Temme==
Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenneret Jenneret]''', époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi '''[[Lovenfosse-Blétard NC89]]'''<br>Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.


'''<big>A'''</big>utrefois, au coin de la '''[[Rue de Temme Ouffet|Rue de Temme]]''' existait une petite chapelle accolée au bâtiment de la '''[[Rue Sauvenière Ouffet|Rue Sauvenière]]'''. Elle était dédiée à la Vierge Marie, les Révérendes Sœurs de la Providence et de L'Immaculée Conception l'avaient fait construire en même temps que l'école des filles de l'autre côté de la rue.
Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/France France]''', au '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Luxembourg Grand-Duché de Luxembourg]''', à '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Aix-la-Chapelle Aix-la-Chapelle]''', '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Cologne Cologne]''' et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.<br>Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.


'''<big>O'''</big>n ne peut parler de cette chapelle sans évoquer l'histoire du terrain et de la maison à laquelle elle était accolée à l'époque.
Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.


'''<big>L'''</big>e 5 octobre 1862, le Conseil de la Fabrique d'Eglise autorise l'abbé Vrancken à construire une école avec logement sur la propriété de la dite Fabrique d'Eglise située au lieu-dit "Sauvenière" route du Val Benoît aux conditions :
Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de '''[https://fr.wikipedia.org/wiki/Peket pékèt]''', se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.<br>Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.


- de payer la somme annuelle de 49,50 francs suivant bail avenu devant le notaire Thyrion le 4 juillet 1859.<br>- que la dite maison reste entièrement la propriété de la Fabrique d'Eglise.<br>- que cette maison ne pourra servir que pour y tenir une école des filles dirigée par des religieuses.
Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.
 
'''<big>U'''</big>ne école fut donc construite en même temps que le chapelle.
 
'''<big>L'''</big>e bâtiment est finalement mis en vente, il sera adjugé par vente publique en séances du 21 septembre 1900 et 15 octobre 1900 à Victor RASQUIN, boucher.<br>Ce dernier, exigea une redevance telle que les religieuses ne pouvaient la payer. La Fabrique d'Eglise décida donc de la démolir et en informa les Ponts et Chaussées de Liège par une lettre datée du 4 octobre 1912.
 
'''<big>E'''</big>lle devait cependant rester dans la mémoire des habitants par un fait assez curieux : la porte du petit édifice religieux avait été remployée dans la construction de la brasserie Godet '''[[Rue du Bout Ouffet|Rue du Bout]]'''.<br>Un jour, un incendie violent ravagea l'aile de cette brasserie où se trouvait la porte. Lorsque le sinistre fut circonscrit, parmi les débris informes et calcinés, seule la porte était restée intacte.

Dernière version du 2 mars 2025 à 15:15

Lovenfosse Charles

Un récit de Ferdinand Braquet

Charles Joseph LOVENFOSSE, mon grand-père maternel, est né le 6 janvier 1864 à Jenneret, époux de Marie Antoinette BLETARD, voir aussi Lovenfosse-Blétard NC89
Tailleur et sculpteur de pierres de talent comme ses compagnons, tous étaient très demandés.

Son savoir-faire ayant dépassé les frontières, Charles a travaillé en France, au Grand-Duché de Luxembourg, à Aix-la-Chapelle, Cologne et en bien d'autres lieux. C'est peut-être lors de ces voyages que lui est venue l'idée de construire une deuxième maison qui serait unique en son genre.
Il ramenait les blocs bruts de la carrière sur un petit chariot à deux roues métalliques, toutes les pierres étaient ensuite taillées, sculptées et maçonnées par ses soins.

Mon grand-père n'ayant pas de fils et, étant son premier petit-fils, j'incarnais la relève. Moi, petit bonhomme de quatre ou cinq ans, je regardais avec admiration les pierres et les murs prendre forme.

Au bout d'un moment, mon grand-père se levait, secouait un peu la poussière de ses habits, rentrait à la maison avec moi sur ses talons, traversait la première place, entrait dans la seconde, ouvrait l'armoire à provision, prenait sur la deuxième planche la bouteille de pékèt, se versait une rasade dans un petit verre sans pied à fond épais (placou ou bascou en wallon) qu'il remplissait et buvait d'un trait, remettait bouteille et verre en place avant de refermer l'armoire et reprendre le travail.
Naturellement, toutes les deux heures, le rite recommençait et au bout de la journée le niveau de la bouteille avait sensiblement diminué.

Les travaux ont duré 20 ans et comme mon grand-père est décédé relativement jeune, le projet n'a jamais abouti, il n'en subsiste que l'une ou l'autre photo datée des années 1930.