« Carrières de Lizin Ouffet » : différence entre les versions

De Passeurs de memoire Ouffet
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Pol Gillet (discussion | contributions)
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PM9251.71.jpg|Le concasseur de grès vers 1956
PM9251.71.jpg|Le concasseur de grès vers 1956
IMG_3737.92.71.jpg|Les ruines du concasseur 19.12.2017
IMG_3737.92.71.jpg|Les ruines du concasseur 19.12.2017
PM9253.61.71.jpg|La falaise de la carrière de grès vers 1960
PM9253.61.71.jpg|La falaise de la carrière de grès vers 1956
IMG 3743.92.71.jpg|La même falaise le 19.12.2017  
IMG 3743.92.71.jpg|La même falaise le 19.12.2017  
Carrières grès Lizin 01.jpg|La même falaise le 04/03/2025
Carrières grès Lizin 01.jpg|La même falaise le 04/03/2025
PM9250.71.jpg|Un abri d'épinceur vers 1956
IMG 3745.92.71.jpg|L'autre site d'extraction le 19.12.2017  
IMG 3745.92.71.jpg|L'autre site d'extraction le 19.12.2017  
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Version du 13 mars 2025 à 15:10

Carrières 35 et 74

Généralités

L'endroit comporte une carrière de grès avec deux sites d'extraction distant l'un de l'autre de quelques dizaines de mètres et, plus ancienne, d'une carrière de petit granit avec aussi deux sites d'extraction très proches.

Début XXe siècle jusqu'au milieu des années 1950, ces chantiers étaient reliés au réseau de chemin de fer vicinal Clavier, Warzée, Ouffet, Comblain-au-Pont par une ligne de voie ferrée privée de type Decauville. Voir .......

Les annales des mines de Belgique de 1911

Ces exploitations se trouvent à plus de 1.600 mètres à l'ouest des carrières de Crossée et sont restées inactives pendant de nombreuses années étant très éloignée du vicinal qui dessert maintenant cette région. Elles viennent d'être reprise par la SA Carrières de Lizin qui exploite au même endroit mais un peu plus au nord une carrière de psamites condrusiens (grès) pour pavés. Ces carrières sont à présent raccordées au vicinal par un chemin de fer privé de type Decauville à écartement de 0,70 mètre et d'une longueur de 2.500 mètres qui aboutit à l'arrêt du Brihi Tiyou du vicinal. On compte donner une assez grande importance à cette exploitation.

Situation des carrières de Lizin. Walonmap

La carrière de petit granit de Lizin à Lizin

Pour s’y rendre, on passe devant les fermes de Lizin, dépasse l’estihale et au moment où la route se divise, à droite à quelques mètres dans le bois on trouve les sites d'extraction de petit granit de part et d'autre du tracé de l'ancienne voie ferrée.

Une centaine de mètres plus loin, toujours en suivant le tracé de la voie ferrée, subsistent les ruines de bâtiments: bureaux, résidence, écuries ?


Les carrières de grès de Lizin à Lizin

Une large et haute porte permettait d'abriter la locomotive Decauville, voir photoUne ligne haute tension de 15.000 volt alimentait le site en énergie, cette tour abritait transfo et appareillageConstruction à usages divers mais notamment la forge, indispensable dans toutes carrières à l'époqueCoordonnées de la clairière : 50.45845 5.45724Situé en contrebas de la ligne des wagonnets, le concasseur était alimenté manuellement après déversement des pierres par simple gravitéUne passerelle au-dessus de l'entrée du site permettait aux wagonnets de circuler au même niveau que la carrière permettant ainsi l'approvisionnement en pierres des artisans avec un déversement par simple gravité

Cette carte a été réalisée en mars 2025, vous pouvez avoir accès à des informations complémentaires en posant le curseur sur certains carrés rouges.

Ce site industriel a été particulièrement bien pensé et aménagé, profitant au maximum des dénivellations du terrain pour alléger la charge de travail.

Deux excavations à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre, situés à droite en plein bois à 250 mètres de la petite maison de Lizin en montant le chemin Ouffet N°22 qui rejoint la route en béton peu avant l’entrée d’Ellemelle.

Suivant leur qualité, les pierres extraites étaient chargées sur wagonnet Decauville et déversées en contrebas pour le concassage ou sur l'aire des épinceurs et autres artisans spécialisés pour en faire moellons et pavés.

Le petit train Decauville arrivait jusque dans la clairière et assurait la liaison avec le vicinal au Brihi Tiyou.

Le maître de carrières Jean DEPAUW en a été le dernier exploitant.
Les excavations ont partiellement été comblées; deux des trois bâtiments dans la clairière sont en ruines, le troisième reconverti en repos de chasse; le concasseur n'est plus qu'un amas de tôles rouillées et la nature reprend ses droits.

La clairière

Cet espace était destiné à la production de moellons de grès et au concassage.
Il subsiste encore les ruines du concasseur, un bâtiment qui abritait l’alimentation au réseau électrique haute tension, la classique forge qui sert maintenant de repos de chasse et une autre remise.
C'est également dans ce vaste endroit qu'étaient installés l'indispensable compresseur ainsi que les abris des épinceurs et autres artisans de la pierre.

Les premiers exploitants connus

Comme dit plus haut, ces carrières sont très anciennes. Laissées à l'abandon pendant longtemps, elles sont ré-exploitées peu avant 1911 par la SA Carrières de Lizen pour retomber dans l'oubli en ? (nous cherchons).

C'est vers 1953 qu'elles reprendront du service (surtout la carrière de grès) avec la reprise des chantiers par le maître de carrière Jean Depauw d'Ouffet.

Les carrières seront définitivement abandonnées en ????

Infos et anecdotes sur la carrière de grès

  • Souvenirs recueillis en décembre 2017 auprès de Gilbert Reiter d'Ouffet, il nous raconte:

1958, année de l'exposition universelle. A cette occasion les étudiants avaient droit à trois mois de vacances. J'ai travaillé comme étudiant pendant deux mois à la carrière de grès Jean Depauw à Lizin puis je me suis offert trois jours de congé pour visiter l'expo 58. Le voyage était organisé par les cars Bellaire avec Eli Ledoux d'Ouffet comme chauffeur. Nous logions dans une espèce de baraquement équipé de lits superposés, je dormais au-dessus d'Eli.

Voici les noms de quelques membres du personnel dont je me souviens: Baratté Léon d'Ouffet, le contre-maître, Blétard Léon d'Ouffet, Dabolin René d'Ouffet conducteur d'engin, Deloge Fernand d'Ouffet, Gérard Florent d'Ouffet qui était également garde-chasse privé, Jaa ???? de Pair, Rasquin Maurice de Borlon, Sylvestre Victor d'Ouffet, Van Monfort Henri d'Ouffet, Willems Pierre d'Ouffet.

Pierre en pleine démonstration
  • Souvenirs recueillis en janvier 2018 auprès de Pierre Willems dit Pierre la pierre

Pierre Willems est né en 1937 et a encore aujourd'hui en 2018 de la mémoire et du "punch"... plutôt que de retranscrire, laissons le parler...

En 1951, à 14 ans, je suis embauché comme apprenti à la carrière de grès de Lizin, chez le maître de carrière Jean Depauw.

Les carrières Depauw avaient l'intention de créer une école d'apprentis épinceurs, je suivis donc des cours généraux, de dessins industriels et d'épnceur le samedi matin dans les bâtiments de l'actuel Institut Saint-François rue du Perron à Ouffet en compagnie de plusieurs de mes compagnons de travail: Roger Godignon, René Dabolin, Albert Verdun, Maurice et René Raskin de Borlon.

Le vélo était le seul moyen de locomotion des ouvriers de l'époque, après journée et à l'approche du tour de France nous faisions la course pour rentrer au village.

Le contremaître, Fernand Deloge, me casa dans un abri rudimentaire entre deux « pensionnés », Victor Sylvestre de la rue Haïre à Ouffet et Oscar Xhenceval de Limont Tavier.

A l'époque, l'extraction de la pierre était une industrie florissante et la carrière comptait une vingtaine d'ouvriers.

Je me souviens de Léon Baratté, Edouard Collard, Raymond Thiou, Emile Charles dit le Lottin, Joseph Demoitié, Joseph Detilleux d'Ellemelle, Fernand Bourguignon, Henri Van Monfort, Eudore Pirotton, Ernest Guilmot, Ferdinand Braquet, les beaux frères Florent Gérard et Léon Blétard ex machineux, les frères Henry : Alfred et Marcel chauffeurs de camions, Aimé Gavrenne d'Anthisnes, les frères épinceurs de Hestreux Camille et Armand Beaumont, Joseph Liégeois, sans oublier le vieux forgeron Henri Ninane qui venait à la forge de la carrière réparer les outils abîmés.

Les forages et les trous de mines incombaient principalement à Fernand Bourguignon à la voix de ténor et à Henri Van Monfort dit le "flamin" car originaire de Mazeik.

Au moyen d'éclateurs en fer (estalles) les blocs étaient réduits en plus petits formats pour les "spigotter", travail accompli, entre autres, par Léon Baratté, Ferdinand Braquet, Ernest Guilmot et Aimé Gavrenne.

Les blocs passaient ensuite aux mains des coupeurs experts tels que Fernand Deloge, Raymond Thiou, Edouard Collard et Joseph Demoitié pour être finalement fignolés par les épinceurs.

Les mauvais blocs allaient au concasseur pour être grenaillés par Emile Charles dit le Lotin. Les grenailles de différents calibres ainsi obtenues étaient chargées à la main, à l'aide de pelles ou de fourches, sur des camions qui les déversaient sur les routes. Le plus doué pour cette tâche était, incontestablement, Jean Godignon affublé de mains comme des pattes d'ours.

Les autres m'avaient surnommé Pierre la pierre, de statut d'apprenti, je suis passé ouvrier puis épinceur de moellons en grès.

En ces temps là, les ouvriers passaient souvent d'une carrière à l'autre pour de multiples raisons dont la moindre n'était pas un meilleur salaire. Aussi en 1952, avec Léon Baratté et toujours à vélo, nous priment le chemin des carrières des Buses et du Fostin à Limont Tavier.

Six ans plus tard, le 28 mai 1958 j'étais de retour à Lizin.

La carrière avait considérablement évolué en machines et outillages.

Il y avait eu du changement dans le personnel mais je retrouvais d'anciens collègues comme Léon Baratté, devenu contremaître, Edouard Collard, Joseph Demoitié, Florent Gérard, Léon Blétard, tous refendeurs et découpeurs de blocs. Emile Charles dit le Lotin au concasseur, Henri Van Monfort au rocher, Joseph Detilleux comme manœuvre qui me demanda d'apprendre à son fils Claudy à épincer, et, le seul épinceur ayant débuté avec moi, Maurice Raskin.

René Dabolin avait complètement viré de bord en abandonnant l'outil manuel pour prendre les commandes d'un bulldozer, machine infernale qui venait de la carrière de Temme à Ouffet lorsque le besoin s'en faisait sentir. Il y avait aussi Théo François et Alfred Henry, les chauffeurs de camions.

Je devins rapidement ami avec un ouvrier appelé Fernand Brouhon dit "li p'tit Fernand", il avait passé les années de guerre au service des moulins Mauril Dawance de la Haïre à Ouffet. (Voir bientôt: le Petit Casino).

Viennent ensuite les grandes grèves et le chaos des années 1960, 1961. En 1962, je me retrouve pour la première fois sans travail, c'est l'année où je suis engagé à la carrière de la Hazotte à Tultay puis d'autres et d'autres...

Cela c'est une autre histoire.


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