Bacasable 10

De Passeurs de memoire Ouffet
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Ouffet : Histoire d’eau

Préface

Il nous a semblé impératif, en tant que Passeurs de Mémoire d’Ouffet, de rendre public, accessible à chacun avant qu’il ne sombre dans l’oubli, un travail remarquable exécuté en son temps par messieurs Ferdinand BRAQUET et Michel FOCAN.
Il s’agit de recherches orientées sur les étangs, mares, sources, abreuvoirs, puits et pompes qui ont alimenté depuis sa genèse, le village d'Ouffet.
Nous publions ici, textes, illustrations, adaptés aux exigences techniques de ce site en respectant au mieux l'idée originale des auteurs. Nous avons complété l'ouvrage en ajoutant de nouvelles informations qui nous sont parvenues ou découvertes depuis lors.

Le faix de Rahier (Faix : Littéraire. Charge, fardeau)
Pourtant peu flatteuse pour les habitants d'Ouffet, nous commencerons cette page par la publication d’une légende tirée des Contes du Condroz, écrite par Emile Dantinne...

Par une journée d’été, si chaude que la terre brûlait sous les pas du voyageur, Saint Remacle, mourant de soif, arriva à l'entrée du village d'Ouffet.
Il frappa à la porte d’une première maison, sollicitant une gorgée d’eau en l’honneur de Dieu, on ne lui répondit que par des grossièretés. A la maison suivante, c’est un chien féroce qui le fit reculer.
C’est en vain qu’il fit le tour du village, personne ne daignât se déranger pour un vieux mendiant.
Il marcha sans fin et, c’est à l’orée d’un bois qu’il trouva enfin une nappe d’eau claire scintillant comme un miroir d’argent.
Saint Remacle ayant étanché sa soif, remercia la fontaine, plongea son bâton dans cette eau si rafraîchissante et reprit la route de Stavelot.
Arrivé sur le plateau nu et brûlant de Rahier, il transplanta la fontaine au pied d’un arbre. Et là, toujours pure et belle, l’eau germa de la terre et se mit à couler. Désormais, elle avait les étoiles et le soleil comme compagnons de sa solitude.
Le village d’Ouffet, en manque de sources, resta longtemps sans une eau digne de ce nom, tributaire de puits et mares au liquide douteux.

Cette légende a finalement un fond de vérité.
En effet, si nous avons de l’eau à profusion au village, c’est grâce aux raccordements et captages en 1885 des sources du Néblon.
Les 700 années qui ont précédé ces travaux furent propices à des difficultés d’approvisionnement de qualité entrainant pénuries et épidémies, notamment de typhus dans le Halbadet (document, supplique de 1783).

L'étang

L’étang ou la "Grande Mare", "Plèce dè Vévi", "Li Grand Vèvi", "Li Fossé", "Li Grand Fossé", "Place de l'Etang", Grand-Place suivant les différentes appellations, existait surement bien avant le village et a certainement contribué à son installation.
D’une superficie de 70 ares 70 ca suivant le plan Popp, il se trouve dans une cuvette formée par les pentes de la Rue de Temme, de la Rue Sauvenière, de la Rue des Pahys et de la Rue du Perron. On se souviendra des inondations en ????, les eaux de ruissellement avaient recouvert la Grand-Place actuelle sous 50 cm d'eau et de boue et par la même occasion noyé les caves des riverains.
Il était alimenté par les eaux de pluie dévalant des rues citées plus haut et par une résurgence, en wallon "sourdon", provenant des environs de l’église et de la tour de justice comme en témoigne la découverte à l'occasion de travaux, d’un ancien aqueduc de grosses pierres recouvert de dalles qui descendait de l’église par la Rue du Perron et débouchait dans la dépression à hauteur du coin du mur du jardin du N°3 de cette même rue, anciennement Café Genon.
Cette nappe d'eau en majorité de pluie, servait aussi d'abreuvoir. Ce qui, plutôt qu'un bel étang, en faisait une grande mare dégageant pas mal d'odeurs nauséabondes par grandes chaleurs. Olfeis, première mention d’Ouffet en 959-971, pourrait provenir du latin "olfacere" signifiant : sentir, dégager une odeur. Nous avons mention d'un Jean de Ulfei, ce Jean aurait habité Olfée, le village qui répand une mauvaise odeur, suivant un travail fouillé de fin d’études 1996 -1997 de Maryse SERVAIS, régendat français histoire.
Le trop-plein de l’étang s’écoulait par une canalisation souterraine débouchant Rue du Bout presque en face de la maison anciennement habitée par le docteur Paul STASSE et avant lui le docteur Alphonse BOVY. De là, il suivait et suit toujours mais canalisé souterrainement, le creux tracé dans les prairies pour rejoindre la Vallée du Nesson puis la Vallée du Néblon. Une station d'épuration a été installée sur son parcours 200 mètres après la Ferme du Bout de l'autre côté de la grand-route.
Malgré ces vicissitudes, l’étang procurait quelques rapports financiers provenant de la pêche réglementée et de la vente des boues utilisées comme engrais.
Au vu de l'accroissement de la population, l'accès à une eau potable devint rapidement un problème crucial à résoudre, d'où le grand nombre de différents points d'approvisionnement créés dans le village sous forme de mares et de puits.

Les puits

Le puits du Tôt
Situé dans le centre historique du village, c'est probablement le plus ancien. Il se trouve côté gauche en descendant le "tôt" a environ 10m de l’extrémité du mur de la dernière maison.
Très ancien, situé à quelques dizaines de mètres de la Tour de Justice dont il serait contemporain, il aurait permis en cas de siège le ravitaillement en eau, problème récurent de toute forteresse. Une légende raconte qu'un souterrain partant des fortifications y aboutissait, cependant aucun indice n'est encore venu étayer cette hypothèse.
Fin des années 1990, des fouilles sont effectuées par les ouvriers communaux. Après le dégagement de pierres et de terre sur deux mètres, elles n'ont rien donné et le chantier fut rapidement abandonné. La préparation de ces recherches aurait du, à notre avis, se prolonger et bénéficier d'une préparation plus minutieuse en collaboration avec l'un ou l'autre historien et/ou archéologue.
Le puits existe toujours, jugé dangereux, il a été recouvert par des hourdis en béton.

Le puits du Golet
Il se trouve dans le pré à droite au point le plus bas en descendant le chemin Es Golet.
Cachés par la haie, quelques vestiges sont encore visibles.

Le puits Hagens
Au fil du temps, son emplacement exact avait été oublié.
C'est lors de la réfection de la cour des bâtiments de le Maison Communale Rue du Village qu'il est réapparu. Le puits se trouve à droite en face de l’entrée du bureau de police contre le mur d'enceinte dans lequel on pouvait apercevoir un trou circulaire servant probablement à l’évacuation du trop-plein.
Les élus communaux n'ont malheureusement pas jugé bon d'en garder la trace malgré son excellent état de conservation, il a été recouvert.

Le puits Bernard
Complètement disparu, il était implanté sur la Grand-Place de l'autre côté de la route face de la partie privée de l'actuel (2026) restaurant thaïlandais et donc en bordure immédiate de l’étang.

Le puits Mercier-Plumier Jean et frères
Il se situait vers le milieu Rue Cuvelier, côté gauche en venant de la Rue Mognée.
Il n'en subsiste aucune trace.

Le puits Gathy

Le puits de boue
En rapport avec le plan Popp qui désigne les terres situées entre la Rue de Temme et la Rue du Bout sous le nom de "Terre de Boue". br> Il était situé de l'autre côté de la route, en face de l'actuelle (2026) ferme Gillet, anciennement propriété de la comtesse de Lannoy.
Réputé dangereux pour le bétail dangereux pour le bétail, il a été recouvert.
La ferme Gillet possède son propre puits mais n'est pas utilisé, sa profondeur est de 18 mètres.

Puits ou fontaine Carlier-Minette
Le plan Popp nous indique l’emplacement d’une Fontaine enclavée dans un terrain cadastré D425a d’une contenance de 98a 70c appartenant à CARLIER-MINETTE, rentier à Ouffet, d'autres document font état d'un puits.
Elle se situait au bord d'un sentier repris à l'époque sous le nom de Tige de la Longue Haie, à peu près à l’intersection du sentier qui vient de l’église à travers la Preye et de celui qui bifurque vers le Petit Ouffet.
Il n'en subsiste aucune trace.

Les mares

Les pompes