Kefer Emile François Joseph Gilles ... en savoir plus
KEFER Émile, François, Ghislain
Les renseignements repris sur cette page ont été puisés en grande partie dans les archives de Ferdinand BRAQUET et de Michel FOCAN avec l'accord de ce dernier.
KEFER Émile, François, Ghislain est né à Ciney le 24 septembre 1883 ; il exerça son ministère comme professeur au petit séminaire de Saint-Roch, comme vicaire à Verlaine et curé à Tihange.
La famille
Son père, Kefer Ernest est né à Ciney le 9 mai 1854 ; plombier-zingueur il exercera son métier à Ouffet. Le 13 mars 1886, il obtient l'adjudication pour la fourniture et la pose des embranchements de prises d'eau chez les particuliers et ce pour une durée de cinq ans ; un exemple, le 18 novembre, il raccorde l'école des Sœurs à la conduite d'eau, coût 40 F 70.
Sa mère, Kern Maria est née à Vaals (Hollande) le 19 décembre 1853 ; la famille, qui compte cinq enfants, s'est installée à Ouffet en 1884 ; en 1900, lors du recensement décennal, elle réside au début de la Rue de Temme Ouffet.
Pour les parents de Kefer Emile François Joseph Gilles, voir Kefer-Kern Dawance-Kefer D99
Le 1er février 1919, l'évêque de Liège, H. Rutten, prescrit au Clergé de son diocèse la rédaction de documents relatifs à l'histoire de l'église de Belgique pendant la Grande Guerre ; le curé d'Ouffet, l'abbé Hyacinthe FRAITEUR, envoie son rapport le 19 avril 1919 ; nous vous en proposons un extrait concernant l'abbé Kefer ; ce bref aperçu nous semble un bon résumé de sa "carrière militaire".
Monsieur l'abbé Kefer, professeur au petit séminaire de Saint-Roch, part au début de la guerre comme brancardier, puis revient aumônier et se distingue par son grand dévouement comme le prouve la décoration qu'il reçoit après être rentré au séminaire de Saint-Roch.
Ouffet est libéré le 23 novembre à 10 heures. Quelle joie ! Le soir même, monsieur l'abbé Kefer rentrait.
Il est le premier soldat rentré à Ouffet, chante la grand'messe et est félicité le lendemain par monsieur le bourgmestre accompagné de l'harmonie Sainte-Cécile venue manifester sa sympathie et son patriotisme.
Le prêtre brancardier
Le 14 juillet 1903, Émile Kefer est incorporé dans le bataillon d'Administration comme milicien de 1903, dispensé du service en temps de paix.
Les personnes dispensées sont des instituteurs et des membres du clergé qui ont reçu une instruction théorique de brancardiers pendant leurs études à l'école normale et au séminaire.
Au point de vue de l'équipement, le dénuement des
prêtres est total ; rien n'est prévu pour eux et ils partent en campagne en soutane, par la suite, ils recevront un brassard de la Croix-Rouge.
Rappel sous les armes et campagne 1914-1918
Le 1er août 1914, il est rappelé au bataillon d'Administration et désigné pour la colonne d'ambulance de la 3e division d'Armée en tant que brancardier.
Durant la présence d'Émile Kefer, cette division va participer à la défense de Liège sous les ordres du général Leman du 4 au 8 août 1914, aux combats pour la défense de la Gette (19 août), aux opérations autour d'Anvers du 9 au 13 septembre, au siège d'Anvers du 29 septembre au 6 août et à la bataille de l'Yser.
Le 29 octobre 1914, il est attaché au 1er régiment de Chasseurs à pied.
Le 1er régiment de Chasseurs à pied détaché à Huy au début des opérations fut envoyé en renfort de la 3e division d'Armée le 5 août, il fut engagé au combat de Sart-Tilman, où il subit de lourdes pertes.
Sous Anvers, il participa aux sorties du 24 août et du 9 septembre 1914.
Le 20 mars 1915, il est attaché aux trains sanitaires.
La soudaineté de l'agression trouve le service de santé insuffisamment préparé ; les évacuations des blessés s'effectuent au moyen de trains sanitaires : rames de wagons de troisième classe, munis dès le temps de paix d'un dispositif spécial permettant la suspension de brancards. Quant au personnel, il lui aussi insuffisant.
Les brancardiers, composés de dispensés du temps de paix, forment derrière les colonnes d'ambulance des bandes pittoresques d'instituteurs et de prêtres. Ni discipline, ni hiérarchie. Le rendement ne peut qu't en souffrir, c'est toujours les mêmes hommes qui trinquent.
Le 30 juin 1915, il est affecté à la colonne d'ambulance de la 6e division d'Armée.
Le 6 février 1916, attaché à l'artillerie de la 6e division d'Armée.
Le 29 mai 1916, il est attaché au camp d'Auvours.
Pour faire face aux conditions de la guerre moderne, il s'agit de former des volontaires et même des militaires qui ont participé pour certains à près de trois mois de campagne dans les conditions les plus pénibles.
À cette fin, dès le 2 octobre 1914, le général de Selliers de Moranville est désigné comme commandant des centres d'instruction de l'Armée belge. Ceux-ci sont établis dans le nord-ouest de la France, en vue de former des fantassins, des artilleurs et des cavaliers.
En un mot, toutes les disciplines et spécialités utiles à la guerre totale prennent corps.
Le 29 mai 1916, Émile Kefer est affecté au Centre d'Instruction d'Infanterie n° 7 établi à Champagne, ce centre est plus connu sous le nom de "camp d'Auvours", domaine de l'armée française situé à 12 kilomètres de la ville du Mans.
Le 15 juin 1916, nommé aumônier-adjoint de 2e classe pour la durée de la guerre et désigné pour être attaché au Régiment d'Artillerie Lourde par décision ministérielle du 15 juillet 1916.
Le ministre de la Guerre a l'honneur de faire savoir au brancardier prêtre faisant fonction d'aumônier-adjoint KEFER E. du régiment d'artillerie lourde qu'il l'a commissionné en qualité d'aumônier-adjoint de 2e classe pour la durée de la guerre en date du 15 juillet 1916. Le Havre Signé De Broqueville.
Attributions des aumôniers - adjoints
1. L'aumônier-adjoint assure le service du culte et remplit les offices de son ministère auprès de l'unité à laquelle il est affecté d'après les ordres reçus de l'aumônier
divisionnaire.
2. Il s'inspire des règles tracées par le Commandement dans tout ce qui à trait à l'action morale et confère à cet égard avec les commandants d'unités.
3. Il fait à l'aumônier ivisionnaire toute proposition utile pour la bonne marche du service et transmet à celui-ci les plaintes concernant un militaire.
Pourquoi Émile Kefer n'a-t-il pas reçu de numéro matriculaire ?
Les aumôniers sont des fonctionnaires attachés à l'armée mobilisée. Ils n'ont pas la qualité de militaire et ne sont pas soumis au règlement de discipline.
Les aumôniers-adjoints de 3e et 2e classe reçoivent les honneurs prescrits pour les officiers subalternes. Ils sont traités comme ces derniers au point de vue du logement et des indemnités.
Le 2 janvier 1917, attaché au 2e régiment d'Artillerie lourde.
Le 9 juillet 1917, attaché au 2e bataillon du 12e régiment d'Artillerie, 108e batterie, uniforme réglementaire (octobre 1915).
Rapport – Objet : conduite élogieuse de monsieur l'aumônier Kefer
Je me fais un devoir de porter à la connaissance de mes chefs la conduite de monsieur l'aumônier KEFER Émile.
Brancardier au début de la guerre dans un régiment d'infanterie, il passe en 1915 à l'artillerie de la 6e division d'Armée. Il s'y distingue par son grand courage, faisant l'admiration des hommes de la 108e batterie.
Nommé aumônier, il continue à vivre avec la troupe, apportant à celle-ci le réconfort de ses bonnes paroles. Dès qu'il apprend qu'une batterie est bombardée, immédiatement il s'y rend. Pendant la dernière offensive, il se distingue tout particulièrement en soignant et transportant jour et nuit les blessés du groupe et des unités voisines. Le 28 septembre notamment, sur la route de Gravebstafel à Saint-Julien. sous un violent bombardement, il porte au secours des blessés et aide lui-même à les transporter au poste de secours le plus proche.
Il est adoré et respecté de tous les hommes du groupe qui lui vouent une reconnaissance éternelle et chez qui son nom est synonyme de courage et de sang-froid.
Signé : R. Lamon, Bergen le 25 octobre 1918
Le 31 décembre 1918, en congé sans solde.
Le 1er juin 1925, pensionné.
Décédé à Tihange le 1er décembre 1937 où il fut curé de 1928 à 1937.
Décorations reçues
1. Cité à l'ordre du jour du régiment le 26 octobre 1918 pour les faits contenus dans le rapport ci-dessus.
2. Cité à l'ordre du jour de l'Armée et décoré de la Croix de Guerre avec palmes le 21 janvier 1919 pour les mêmes faits.
3. Décoré de la médaille de l'Yser le 27 juin 1919.
4. Décoré de la médaille de la Victoire le 11 septembre 1919.
5. Décoré de la Médaille Commémorative de la guerre 14-18 le 29 novembre 1919.
6. Chevrons de front obtenus : 1er le 15/09/1915 – 2e le 15/05/1916 – 3e le 21/12/1916 – 4e le 01/08/1917 – 5e le 01/01/1918 – 6e le 26/06/1918 – 7e le 26/12/1918.
7. Inscrit dans le "Livre d'or de la carte du feu page 519 -12e régiment d'artillerie.
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