Voies ferrées privées Ouffet

De Passeurs de memoire Ouffet
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Voies ferrées privées de l'entité

Sur les cartes, plus d'infos en posant le curseur sur certains points de repère et annotions. Si vous y êtes invités, cliquez pour en savoir plus.

Préface

Petit rappel pour les visiteurs qui n'auraient pas pris connaissance de la page Tram vicinal Ouffet

Fin XIXe et début XXe, les carrières à Ouffet se multiplient et connaissent un essor considérable entre 1890 et 1920.
L'acheminement des marchandises depuis les sites d'exploitation pose souvent problèmes.
Aussi, plusieurs maîtres de carrières investissent dans la pose de tronçons parfois importants de voies ferrées privées à écartement réduit de 0,70m et/ou au petit écartement de 1m, ces dernières portent alors le nom de voie métrique ou VM et constituent le réseau marchandises et passagers des chemins de fer vicinaux tels qu'on l'a connu dans notre Condroz.
Le grand écartement standard de 1,43m est lui utilisé par la SNCB et porte le nom de voie normale ou VN.
Il en résulte que le charroi vicinal à voies métriques 1m (VM) ne pouvent pas circuler sur les lignes SNCB à voies normales (VN) de 1,43m d'écartement des rails.

La section de voie ferrée Ouffet Anthisnes Comblain-au-Pont va constituer une exception.

A l'origine voie VM, la direction de la SNCV se rend compte de l'importance du trafic sur certains tronçons et surtout de l'énergie et du temps inutilement dépensés pour effectuer le transbordement bien souvent manuel des marchandises de VM à VN. Entre 1905 et 1907, le tronçon Ouffet Comblain-au-Pont sera doublé d'une voie normale de 1,43m pour le transport des marchandises, dès lors, les voyageurs seront pris en charge uniquement sur la voie métrique.

Outre les charrois de wagonnets au sein même des sites industriels, nous avons relevé plusieurs lignes privées reliées au réseau officiel des chemins de fer vicinaux par des voies métriques ou à écartement de 0,70m, c'est le sujet de cette page.

C'est l'attachant récit souvenir de Ferdinand BRAQUET relaté conjointement avec Michel FOCAN en février 2000 qui ont aiguisé notre curiosité et sont à la base de ces recherches. Investigations complétées par monsieur Jean DEPAUW fils du dernier exploitant des carrières de Lizin.

Nous avons, à quelques-uns, consacré un temps considérable en contacts, en recherches dans les archives, en déplacements sur le terrain, pour vous présenter ce travail en vous rappelant qu'un article n'est jamais complet, il est modifié au cours du temps pour corrections éventuelles, nouvelles informations reçues ou découvertes.

02 Carrière de grès Site d'extraction principal 50.45925 _ 5.45786 Cliquez pour plus d'infos03 Clairière : bâtiments et aire de travail 50.45845 5.45724 256m09 Ruines le long de la voie ferrée 50.45688 545943 247m12 Carrière de petit granit 50.45612 _ 5.45926 Cliquez pour plus d'infos15 Traversée de la Rue de Bihay 50.45604 5.45961 246m18 Traversée du chemin N°10 Ouffet 50.45484 5.46012 250m21 Virage à gauche dans le "Fond Race" 50.45303 5.46113 246m24 Entrée dans le "Bois des Monts" 50.45215 5.46353 246m27 Sortie "Diso Bruyères" (Sous Bruyères) 50.45141 5.46316 241m30 Pont sur le ru venant de Warzée 50.45058 5.46374 236m36 Traversée de la "Grande Terre" et virage à droite vers la Rue de Hody 50.45099 5.46782 248m39 Croisement avec la Rue de Hody 50.45055 5.47061 251m42 Passage au-dessus de la ferme J-F Simon 50.45081 5.47308 259m45 Entrée dans le bois de la carrière... 50.45039 5.47295 260mFermes de Lizin Cliquez pour plus d'infosDonjon de Lizin, l'Estihale Cliquez pour plus d'infosRuisseau de Lizin Cliquez pour plus d'infos
Voie ferrée privée Decauville__Carrières de Lizin__Carte 1 de 2__Poser le curseur sur les carrés rouges pour plus d'infos
24 Entrée dans le "Bois des Monts" 50.45215 5.46353 246m27 Sortie "Diso Bruyères" 50.45141 5.46316 241m30 Pont sur le ru venant de Warzée 50.45058 5.46374 236m36 Traversée de la "Grande Terre" et virage à droite vers la Rue de Hody 50.45099 5.46782 248m39 Traversée de la Rue de Hody 50.45055 5.47061 251m42 Passage au-dessus de la ferme J-F Simon 50.45081 5.47308 259m45 Passage le long du bois sous la carrière 41 50.45039 5.47295 260m48 Passage le long du bois sous la carrière 43 50.44955 5.47219 261m51 Virage à gauche le long du bois au-dessus de la carrière 43 50.44882 5.47272 266m54 Virage à droite vers la Rue Brihi Tiyou 50.44892 5.47360 267m57 Aiguillages de la Rue Brihi Tiyou. Nœud ferroviaire important puisqu'il permettait la gestion des lignes de Lizin dont il était le terminus, de la carrière Godet et du vicinal à petit et grand écartement vers Comblain-au-Pont50.44836 5.47438 270m60 Quai de chargement carrière Godet 50.44664 5.47181 274mcarrière 41 Cliquez pour plus d'infosCarrière 43 Cliquez pour plus d'infosCarrière 42 Cliquez pour plus d'infosCarrière 73 Cliquez pour plus d'infosCarrière 72 Cliquez pour plus d'infos
Voie ferrée privée Decauville__Carrières de Lizin__Carte 2 de 2__Poser le curseur sur les carrés rouges pour plus d'infos

Souvenirs de Ferdinand BRAQUET

Depuis les années 1926-1927, j'avais donc trois ou quatre ans, tenu par la main par mes deux sœurs plus âgées que moi, nous allions par le chemin de terre aujourd'hui disparu qui reliait la Rue de Hody au chemin de Lizin. Nous marchions à la rencontre de maman qui allait traire les vaches à la première ferme appelée Ferme de la Maison forte.

Mais revenons à notre sujet... Quand j'entendais par derrière le bois le sifflet de la petite locomotive, j'interpellais aussitôt mes deux sœurs; je leur disais : je veux voir le petit train, et de rester sur le bord du chemin pour assister au passage de la petite locomotive Decauville qui traînait ses wagonnets et se dirigeait vers son point de déchargement au vicinal en un lieu appelé Brihi Tiyou.

La petite machine prenait son départ à proximité du site de la Carrière de grès de Lizin, elle sortait par un tunnel au niveau de l'aire de travail où se trouvait sa remise (03), la forge et un bâtiment servant un peu à tout.
De là, elle desservait la deuxième Carrière, de granit celle-là (12). Puis, après un coup de sifflet, traversait le chemin de terre reliant Lizin à Warzée (15) (Rue de Bihay) pour poursuivre son chemin au travers du pré "Colard" sur un remblai qui la mettait au niveau du chemin Lizin-Ouffet (Chemin N°10 Ouffet) (18). Le petit train longeait ce chemin sur environ 200 mètres pour, au lieu-dit "Fond Raes" (Fond Race), effectuer une grande courbe vers la gauche dans les prés derrière le "Bois des Monts" (21), entrait dans le bois "Diso Bruyères" (Sous Bruyère) (24), en ressortait (27), accomplissait une nouvelle courbe dans une prairie pour traverser sur un petit pont (30) le fossé qui récoltait les eaux de ruissellement venant de Warzée. Il longeait ensuite tout le bois pour arriver au chemin de terre (36) où je l'attendais avec impatience. Il continuait alors son petit bonhomme de chemin le long de la "Grande Terre" pour atteindre la route d'état du Val Benoît (39). Là, le machiniste donnait un petit coup de sifflet avant d'entreprendre la traversée de cette chaussée empierrée, elle fut goudronnée vers 1931. Encore une courbe dans les prairies (42_45) et le voyage se terminait au raccordement du vicinal au Brihi-Tiyou. Un plan incliné permettait de verser les petits wagonnets dans ceux du vicinal. Ce raccordement servait également à la Carrière Godet qui était située quelques centaines de mètres plus haut vers Ouffet. On peut encore voir aujourd'hui le quai de chargement qui servait aux wagons plats du vicinal de la ligne Warzée-Comblain-au-Pont.

C'était un certain DUPAGNE né à Pontillas le 1 octobre 1878 qui conduisait la petite locomotive toujours bien astiquée, il a habité la Rue de Hody.
Peut-être suis-je tout à coup nostalgique mais je pense que mon petit train aurait dû finir dans un musée.

Ferdinand Braquet/Michel Focan Février 2000

Le petit train des carrières de Lizin

Un extrait des "Annales des mines de Belgique de 1911" à propos des carrières de Lizin et de sa liaison ferroviaire.

...ces carrières sont à présent raccordées au vicinal par un chemin de fer privé à écartement de 0,70 mètre et d'une longueur de 2.500 mètres qui aboutit à l'arrêt du vicinal au Brihi Tiyou...

Avec ses 70 cm d'écartement c'est de loin la réalisation de loin la plus importante, la seule voie privée hors exploitations que nous connaissons qui n'avait pas la norme 1m (Petit écartement) ou 1,43m (Grand écartement ou écartement standard des trains vicinaux).
Nous avons recherché les vestiges de cette voie ferrée et relevé les coordonnées géographiques WGS84 DD, ce qui nous a permis de reproduire son itinéraire sur les deux cartes ci-contre.
Si les coordonnées ont été relevées avec soins, le tracé représenté par des tirets bleus peut, à quelques mètres près et à certains endroits, différer de la réalité.
Chaque photo porte le numéro du repère concerné.

Note: comme vous pouvez le remarquer, le chemin suivi est très sinueux. En cause la nécessité d'adoucir les pentes en suivant au mieux les courbes de niveau ce qui a pour effet d'allonger considérablement le trajet. N'oublions pas que la traction est assurée par une petite locomotive et le charroi particulièrement lourd.
Si vous suivez les courbes de niveau sur les cartes, vous pouvez vous rendre compte que les dénivelés entre la clairière de Lizin et sa destination au Brihi Tiyou oscillent entre 236 et 274 mètres avec des variations de seulement quelques mètres entre les points de repère. Pour comparaison, l'altitude est de 275m devant l'église d'Ouffet, 304m pour le réservoir de Xhenceval.

La locomotive et le matériel ferroviaire sont français ; Decauville, 56 implantations sont répertoriées en Belgique en 1953.

Cette ligne a été démontée vers 1948-1949. Lors de la reprise du site par le maître de carrières Jean DEPAUW en 1950, son fils Jean, nous précise que la locomotive n'était plus qu'un amas de ferrailles.

Le tracé en images


La carrière Godet au Brihi Tiyou

Un extrait des "Annales des mines de Belgique de 1911" à propos de la carrière Godet et de sa liaison ferroviaire.

...elle est actuellement exploitée par la firme Alexis MARECHAL-GODET et est raccordée directement au chemin de fer vicinal par une voie au petit écartement près de l'arrêt du Brihi-Tiyou à Ouffet...

Un vaste quai de chargement est situé à côté de la maison et des bureaux Godet. Si on lit attentivement le récit de Ferdinand BRAQUET, il servait uniquement à cette carrière Godet, car plus loin il précise : ...ce raccordement servait également à la Carrière Godet qui est située quelques centaines de mètres plus haut vers Ouffet. On peut encore voir aujourd'hui le quai de chargement qui servait aux wagons plats du vicinal de la ligne Warzée Comblain-au-Pont...
Il est donc légitime de penser que les wagonnets provenant de Lizin ne se rendaient pas jusqu'à ce quai de chargement Godet mais étaient évacués près du système d'aiguillage car Ferdinand précise encore : Un plan incliné permettait de verser les petits wagonnets dans ceux du vicinal.

La voie ferrée au petit écartement et longue de quelques trois cents mètres depuis les aiguillages jusqu'à la Carrière Godet est installée sur la propriété de la carrière Godet, est-elle un investissement de cette dernière ou une extension de la SNCV ? Nous n'avons pas la réponse.

Il convient de rappeler que la ligne de la SNCV entre la gare marchandises d'Ouffet (Parking Rue aux Oies) et celle de Comblain-au-Pont est dédoublée : 1,43m pour le tram et 1m pour les trains de marchandises.

La carrière de la Balligaine entre la Rue d'Ellemelle et la Rue de Hody

Elle se situe à gauche de la Rue de Hody à la sortie du village, voir Carrière de la Balligaine

Un extrait des "Annales des mines de Belgique de 1911" à propos de la carrière de la Balligaine et de sa liaison ferroviaire.

...elle est raccordée à la gare d'Ouffet par une voie à grand écartement d'une longueur de 340 mètres...

Pas seulement, sur plusieurs cartes vues de l'époque, on peut nettement voir la présence de voies dédoublées, donc marchandises et passagers.

Comme pour la carrière Godet, la question se pose : la ligne est-elle un investissement privé ou une extension de la SNCV ?
A la différence de la carrière Godet, dans le cas présent, on peut voir les maisons déjà construites et les voies posées sur le domaine public ce qui n'est pas le cas au Brihi Tiyou ? Nous n'avons pas la réponse.

Cartes vues de l'intersection de la Rue de Hody avec le Tige d'Anthisnes, rebaptisée Avenue de Vagney

La carrière Brahy au bout de la Rue de Temme

La Carrière Brahy se situe au bout de la Rue de Temme, en dehors du village sur l'ancien Chemin de Bende.

Une voie à grand écartement était posée depuis le carrefour de la Rue aux Oies avec la Rue de Bende (également appelée Rue aux Oies sur certaines cartes), elle avait une longueur d'environ 350m jusqu'à l’entrée de la carrière.

Les "Annales des mines de Belgique de 1911" ne font pas mention d'une liaison ferroviaire à cette époque, elle a donc été réalisée après cette date.

Voici ce dont nous avait fait part Arthur Decroupette :

Jusque fin des années 1940, la carrière était desservie par le tram vicinal qui descendait tout le long de la rue Aux Oies depuis la gare en face du cimetière jusqu’en dessous de chez les charrons MARECHAL Alphonse et Marcel. La traversée de la route pour accéder au chantier se faisait par une ligne privée gérée par la carrière. Mon père (Ernest DECROUPETTE) était souvent requis avec son attelage de chevaux pour exécuter cette manœuvre.

La carrière Maréchal Rue de Temme

La Carrière Maréchal est coincée entre la Rue de Temme, la Ferme Wautelet et la Rue aux Oies.

Arthur Decroupette nous fait part de ses souvenirs :

Le premier exploitant se nommait Nestor MARECHAL époux de Joséphine GUIOT. C’est lui qui fit construire la maison en briques (à cette époque signe de réussite, la brique était plus chère que la pierre, d'autant plus que Nestor est à la source) rue de Temme actuel N°32, en 2016 résidence d’André DAWANCE époux de Marie-Thérèse BODSON.

En 1941-42 je me souviens très bien du quai de chargement (blocs de pierre) et de déchargement (sable pour le sciage) qui se trouvait sur le talus bordant la Rue de Temme au niveau du N°32 vu ici plus haut.

Depuis la gare toute proche en face du cimetière, la locomotive poussait les wagons jusqu'à la route, la traversée de celle-ci était assurée sur une ligne privée de quelques dizaines de mètres à grand écartement par le personnel de la carrière aidé de chevaux dont on peut encore apercevoir l'écurie près de la Salle aux Oies.

Un fait divers tragique : un accident mortel survint lors d'une manœuvre ; Jules Joseph MARECHAL dit Alphonse, fils de Nestor MARECHAL-GUIOT est né le 14 avril 1881 à Ouffet. Alphonse est appareilleur et habite au cours des années 1911-1920 rue de Temme n° 355 adresse de l'époque. Il épouse le 20 avril 1907 à Anthisnes Marie Joseph Thérèse CHARLES y née le 29 juillet 1883, fille de Prosper CHARLES et de Marie Françoise LEGROS. Il mourra accidentellement le 30 septembre 1921 sur la carrière en tentant de freiner un wagon.

En savoir plus sur Les voies étroites en carrière

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